D’où surgira-t-il cet homme neuf ?

Novembre 2020. Le mauvais scénario dont nous sommes les acteurs involontaires n’en finit plus de dérouler ses saisons. La saison 2 me semble pire que la précédente. Si les ficelles sont à présent connues, elles restent grossières mais nous nous y sommes adaptées.
L’adaptation est une marque d’intelligence de situation pour tout le règne vivant, mais elle ne permet pas la transformation. Autrement dit, « apprendre à vivre avec » ne devrait être qu’un accommodement ponctuel. La vie ne nous bouscule pas pour que l’on s’adapte, mais pour que l’on se transforme. Les coups de boutoir de l’existence sont autant d’appels à sonder la force de nos convictions, à éprouver le poids de nos valeurs, à palper la densité de nos rêves. Pour mieux les incarner.


Vous êtes-vous demandé ce que cette folle année
est venue transformer en vous ?

 

Rappelez-vous : le piège, c’est de confondre changement et transformation. Vous pouvez tout changer dans vos vies sans rien transformer en profondeur de l’être que vous êtes. Nouveau job, nouveau conjoint, nouveau lieu, nouvelle organisation, et vous trainez toujours vos obsessions, vos peurs, vos jugements, votre nostalgie ou votre procrastination. Ce n’est pas à l’extérieur qu’il faut chercher, c’est en vous.

Alors, quelle personne êtes vous devenue ?

Avez vous pris le temps d’élaguer votre vie, de la simplifier ?

Connaissez-vous les valeurs essentielles que vous servez chaque jour ?

Mon rôle d’accompagnante me place aux premières loges pour entendre gronder l’incrédulité face à ce qui se déconstruit en toute impunité. Là où certains sont fixés au stade urgence, coupés de leur ressentis pour tenir le coup, d’autres s’épuisent à rapiécer les guenilles du tissu relationnel. Chacun sur des rails qui ne se rencontrent plus.

Courir un sprint sur la distance d’un marathon, sans ravitaillement ? Pas de problème !

Croire que l’expertise seule suffira à traverser nos crises est une erreur d’analyse et de vision. C’est mépriser les lois de l’équilibre du vivant, c’est dénier l’usure psychique et physique que provoque l’incertitude permanente, c’est s’entêter à croire que l’agilité se décrète, c’est refuser de prendre la mesure de l’impact des confinements sur l’ouverture des consciences.
Voilà comment Irène GROSJEAN, docteur en naturopathie, parle de cette nouvelle conscience : « l’argent achète une maison, il n’achète pas un foyer, il achète du plaisir, mais n’achète pas le bonheur, il achète des médicaments, il n’achète pas la santé. »
Nous voilà, individuellement et collectivement, face à cette équation, bousculés dans tous nos repères, poussés à trouver ensemble un chemin commun. C’est le défi d’équilibriste que nous pose cette époque incroyable.

Se transformer pour pouvoir vivre et non survivre

Les ombres sinistres qui ravinent les peuples et nos quotidiens doivent nous faire sursauter, comme le cauchemar réveille le dormeur pour diriger sa conscience sur un élément essentiel de sa vie psychique qui demande à être vu. Ces ombres, cette avidité individualiste, ce rejet de l’autre, ces peurs, nous les portons tous. C’est le premier pas à faire sur le chemin de transformation : reconnaître notre propre chaos intérieur, et décider, en conscience et responsabilité, d’aligner notre vie sur un meilleur équilibre, profitable à tous, au-delà de nous.

Concrètement ? Prenez la décision de veiller farouchement sur votre espace intérieur, précieuse (dernière?) terre de liberté, pour rester à flot dans une mer agitée et pouvoir être une ressource pour les autres le moment venu. Décrochage des sources de stress, alimentation vivante, sommeil, activité physique douce, méditation, respiration, sophrologie, spiritualité, écoute et expression des ressentis, entraide, travail intérieur, recherche délibérée du beau : à chacun de constituer son propre protocole, sur mesure, sans hésiter à vous entourer de professionnels. 

Dans le milieu du « développement personnel », on abuse souvent de cette formule : “il faut accepter ce qui est”. Attention à la confusion. La résilience, pour devenir une vertu, passe par un processus actif, volontaire, courageux. Nulle sagesse n’éclot de la résignation ou du renoncement, fussent-ils ornés de couleur prune. Notre monde ne se transformera pas tout seul.

La saison 1 nous a anesthésiés par sa soudaineté, activant les mémoires de peurs et d’impuissance. Puisse la violence de cette saison 2 nous secouer et nous donner l’audace de la transformation, armés de confiance, de détermination et d’amour pour la vie.

Au plaisir de vous retrouver sur ce chemin !

Frédérique

La grâce du “placard”

Je travaillais à l’époque pour une organisation dont le terreau n’était pas fait pour moi. Entêtée à y rester, essentiellement par absence de plan B et par besoin de sécurité, j’étais pourtant harcelée par une petite voix intérieure qui me susurrait « Fais autre chose ! », « Arrête tout, tu t’étioles chaque jour un peu plus ! », « Il faut que tu te casses de ce job ! ». Evidemment, le quotidien reprenait le dessus, m’étourdissait d’une multitude de tâches et de prétextes à procrastination, et je ne bougeais pas. Les rêves reçus à cette période-là éclairaient d’ailleurs parfaitement l’enfermement volontariste, coupé de la sagesse intérieure, dans lequel je me trouvais.

Plusieurs mois passèrent ainsi, à enfiler les perles d’une vie sans saveur mais dont l’efficacité insipide m’était familière. Et puis je décidais de « faire un break » (gare à la puissance des mots !) : une randonnée en montagne entre Noël et jour de l’An. Je fis le 30 décembre une chute d’une violence telle que je ne la souhaite à personne. Mon corps rebondit sur 200 mètres de roches à pic et plaques verglacées. Pneumothorax. Hémothorax. Omoplate brisée. Clavicule déboîtée. Grill costal fracturé… La vie m’a prise au mot « Casse-toi ! », m’imposant ce que je refusais d’entendre.

La suite de l’histoire a été pour moi tout aussi riche d’enseignements. Après coup, évidemment. deux bons mois plus tard, je retourne au bureau, où personne ne m’attend. Je n’ai plus vraiment de mission, mes dossiers ont été redistribués, la gouvernance a changé en mon absence, je n’ai plus de repère. Me voilà au placard. Expérience douloureuse pour mon ego, qui se sent humilié. J’oscille entre l’indignation et la honte. Je lutte pour faire entendre l’injustice à un système déjà réorganisé sans moi. Je nie les évidences pendant plusieurs semaines.

Puis, soutenue par la confiance de mes proches et la solidité bienveillante de mes thérapeutes, je change de regard sur la réalité. Sans minimiser la brutalité des changements qui me sont successivement imposés, j’en cherche le sens et la symbolique. Je détricote ma vie, mes choix, mes erreurs, mes aveuglements, mes croyances, mes motivations, mes aspirations. Je puise aux sources des sagesses universelles, de la philosophie, de la psychologie, de la poésie. Je lis, j’apprends, j’écris pour entrer en contact étroit, quotidien, aimant, créatif, avec ce qui bruisse au plus profond de moi. Je m’ouvre aux synchronicités et au langage symbolique des rêves que je reçois. Je rétablis l’équilibre entre ma vie intérieure et ma vie extérieure.

Et de cette période initiatique émerge peu à peu une voie d’évolution nouvelle, un nouvel alignement intérieur pétri par les formations et les rencontres, toujours au travail, qui s’incarne notamment dans le projet UnPetitPasPour.

Les enseignements que j’ai tirés de cette histoire ?

1/ Toujours écouter la petite voix intérieure, surtout quand le mental et le moi résistent !
2/ Le verbe est puissant, il crée la réalité. Canaliser ses pensées et ses mots vers la confiance inébranlable en la vie.
3/ Ce que l’on vit comme un “placard” est justement un moment idéal pour faire le point et poser les fondations de l’étape d’après.
4/ Ralentir permet d’accueillir l’inspiration et de caler sa fréquence sur celle des signaux faibles envoyés par la vie, ou par le Soi, pour les Jungiens.
5/ La vie est en recherche permanente d’équilibre. Nul ne peut aller contre cela.

 

La crise amenée par le Coronavirus serait-elle un  “placard” collectif ?

Comme à l’échelle individuelle, derrière les changements et confinements auxquels nous sommes tous contraints, pointe la possibilité d’une transformation profonde de nos modes de vie, afin qu’ils honorent les fondamentaux universels de l’existence humaine : l’ouverture aux autres et la fraternité, la communion avec la nature, les arts qui nourrissent le cœur et l’âme, le sens du sacré.

Car il serait dramatique que nous n’apprenions rien de cette crise. Que nous reprenions chacun le fil de nos existences, de nouveau happés par un quotidien vorace et frénétique, faussement rassurés par l’illusion de maîtriser les choses, gentiment anesthésiés par la satisfaction immédiate de désirs insatiables.
Il serait dramatique que nous confondions, comme si souvent, le changement extérieur avec la transformation intérieure, cette alchimie intime, au cœur de laquelle l’être humain se différencie de ses chaos et se réalise, dans l’altérité.

Où que vous soyez, si vous êtes confiné, je vous souhaite de goûter la grâce de ce temps de “placard”. Je vous souhaite d’y aménager un espace rien que pour vous, dans le terreau duquel vous prendrez soin de planter ce qui compte vraiment, d’arracher les herbes folles et de déterrer les vieux cailloux. Pour préparer l’après, avec confiance. Quoi qu’il en coûte !

Chaleureusement,

Frédérique

Quels bénéfices apporte l’Autolouange?

L’Autolouange est l’ art universel de célébration de la vie sous toutes ses formes, en soi et chez les autres. C’est une pratique multifacettes : en fonction de l’angle que l’animateur choisit, en s’ajustant aux participants, elle peut à la fois conduire à un travail intérieur de connaissance de soi, à créer intimité et cohésion dans un groupe, à poser des mots profonds, différents, uniques, sur son identité, son service, son entreprise…

Au plan personnelL’écriture en Autolouange refonde le lien intime à soi, alchimise les vécus, restaure estime de soi et dignité, révèle la singularité. Dans nos vies asphyxiées par l’action permanente, elle propose un temps d’intériorité, de disponibilité à soi et de partages sensibles.

En équipeL’Autolouange est une des pratiques permettant la transformation humaine. Elle fissure avec espièglerie l’armure professionnelle. Elle crée la possibilité de se rencontrer en sincérité, pour créer la confiance et la proximité indispensables à toute transformation. 

 

Pour organiser une journée découverte, contactez-moi !

Qu’est ce que l’Autolouange ?

Qu’est ce que l’Autolouange ?

Dans une époque essentiellement tournée vers l’extérieur, le visible, l’action, la compétition, la comparaison, le mesurable, la rationalité, la connaissance, l’image, la norme, l’Autolouange offre un chemin d’intériorité pour retrouver son essence et se dire au monde sans fard.

Tradition millénaire et universelle adapté à notre culture occidentale, l’Autolouange consiste à écrire un texte en JE, avec amplification et sincérité, et à le partager aux autres.

Le nom “Autolouange”, est la traduction littérale de la pratique du Kasàlà, art africain de la célébration de soi et des autres, dont elle est inspirée.

Dit autrement, la pratique de l’Autolouange, c’est…

Explorer pleinement la voie des profondeurs comme des légèretés…

De texte en texte, assumer la dignité de sa parole singulière, et s’ouvrir à la différence…

Loin du narcissisme, esquisser d’un trait de plume les féroces batailles avec ses ombres…

Se voir, se dire, être vu et accueilli dans la vérité de son être, simplement humain parmi d’autres…

 

Venez découvrir et vivre l’expérience dans les ateliers d’écriture proposés dans l’agenda du site !

Crise de milieu de vie et vie professionnelle

Le milieu de vie et les changements professionnels

L’aspiration à davantage de sens et de plénitude se manifeste aussi sur le plan professionnel. Il semble nécessaire de trouver « quelque chose de plus » dans cette activité qui occupe la majeure partie de la vie. Ce questionnement intérieur peut se traduire par le sentiment de ne pas être à sa place, de ne pas exploiter son potentiel, par un vague ressenti de déprime, de vide, de lassitude ou d’absurdité face à la routine et au stress professionnel. Paradoxalement, le milieu de la vie correspond au moment où l’on se trouve au sommet de ses compétences et de son efficacité professionnelle, et dans un creux psychologique.

Le principe d’individuation est par essence émaillé de multiples deuils. Ce moment est propice pour prendre conscience de ce que nous ne serons jamais (dans cette vie ci !) et l’accepter.


Flora a 42 ans, une brillante carrière en entreprise privée à son actif. Un de ses rêves d’enfant était de devenir diplomate, tant pour la découverte des pays que pour l’enjeu géopolitique que cela représente. Elle convient que cela lui sera difficile car son trajet professionnel s’est éloigné de ce métier-là. Par contre, elle comprend qu’un engagement politique à l’échelle de la France ou de sa commune est tout à fait possible, de même qu’un engagement dans une association internationale qui pourrait lui permettre de voyager.

L’idée centrale reste de se hâter lentement, comme le recommandait Boileau. En effet, il convient de se hâter pour amorcer un changement avant l’âge de la retraite et pour pouvoir en profiter. Mais il est important de prendre le temps de la maturation intérieure, des allers retours, des rencontres et des réflexions pour mettre en œuvre cet ajustement professionnel.
Le risque est de précipiter un changement professionnel là où le besoin est avant tout un changement intérieur, au risque de mettre en péril sa stabilité financière, sociale, familiale.


Eric a 41 ans. Divorcé récemment, il a la garde alternée de ses deux enfants. Ingénieur commercial depuis son entrée dans la vie active, il est reconnu comme un professionnel sénior sur ce marché. Déstabilisé par un divorce qu’il estime avoir subi, il ressent le besoin confus de reprendre la main sur sa vie et de se prouver qu’il « vaut quelque chose ». Il négocie donc son départ de la multinationale qui l’emploie, part voyager au Brésil, s’achète une Harley Davidson, et se remet intensivement au sport. A son retour, ayant acheté un container de meubles au Brésil, il décide de créer une entreprise de négoce, jugeant qu’il alliait là l’utile à l’agréable. Au bout de quelques mois, il jette l’éponge : n’ayant rien préparé de son projet de création, il ne trouve pas d’acheteurs, et son stock de meubles profite aux proches. Oscillant entre le désespoir et la rage combative de réussir son propre projet professionnel, il décide alors de créer une entreprise de remise en forme, faisant ainsi le lien avec sa passion du sport. Il y injecte toute ses économies, hypothèque sa maison et déploie beaucoup d’énergie à lancer sa salle de sport, qui reste ouverte moins d’un an. Après quelques temps en thérapie, Eric a repris aujourd’hui le cours de sa vie, a trouvé un travail dans son champ de compétences et a rencontré une nouvelle compagne.

L’exemple d’Eric montre combien le besoin de changement peut se faire criant et pousser les individus à remettre en cause de nombreux pans de leur vie, occasionnant ainsi des dégâts collatéraux significatifs pour leurs proches, mais aussi pour leur santé. Le besoin initial de changement d’Eric était entre autres lié à une souffrance affective profonde et ancienne, que son divorce a réactivée. N’ayant pas pris le temps de contacter cette blessure, il a recherché sa propre valeur à l’extérieur de lui dans ses acquisitions, voyages et entreprises, au lieu de travailler à l’intérieur, sur son estime personnelle. Il n’y a pas de changements valides sur le long terme s’ils ne s’accompagnent de réels changements intérieurs.

Comment passer de la culpabilité à la responsabilité ?

passage

” Je ne suis pas à la hauteur”, “Je suis vraiment nul”, “Je devrais savoir faire cela”, “C’est mon rôle de réussir ceci”, etc.

Que de pression et de tensions quand, épinglés sévèrement par notre juge intérieur, nous nous remettons en cause ! La culpabilité est un poison qui nous ronge. Or, la confusion entre responsabilité et culpabilité est fréquente. Posons déjà un principe : nous nous sentons coupables parce que nous prenons des responsabilités qui ne nous appartiennent pas.
Voici quelques repères pour vous permettre de clarifier vos propres sentiments et d’ouvrir un dialogue avec votre culpabilité !

La responsabilité
Nous sommes toujours responsables des actions que nous faisons ou des réactions que nous avons puisque nous en sommes l’auteur. La preuve : nous aurions pu ne pas faire cet acte ou réagir autrement. Mais nous ne sommes pas responsables des actions ou réactions (ou non actions et non réactions !) que l’autre aura face à nos actions ou à nos réactions.

La culpabilité
La culpabilité, ou le sentiment de culpabilité, naît de la contradiction entre ce qu’on veut être (= mon idéal en tant que personne, et en tant que professionnel) qui l’on constate être ou les résultats des actions que l’on mène. Donc, de la différence entre l’image de soi-même et ce qu’on est/fait  réellement.

La culpabilité peut se tourner vers l’autre également : nous culpabilisons notre partenaire/notre collaborateur lorsque celui-ci/celle-ci ne correspond pas à ce que nous attendons de lui (en fonction de notre idéal d’un bon partenaire, d’un bon collaborateur, etc…). Or un idéal n’est pas la réalité. Il y a là un décalage entre l’image idéale de ce que nous avons de lui et ce qu’il est ou fait réellement. Ce dont nous le rendons responsable !

Conséquences pour soi :
– Écrasement, déflation, jugement de soi, déprime/dépression, baisse de l’estime de soi, remise en cause personnelle, auto accusation (« je suis nul, je ne suis pas à la hauteur, je n’y arrive pas »…)
– colère, rejet, mode « rebelle », mise à l’écart de soi et des autres

Conséquences pour les autres :
– Incompréhension, perte de repères dans la relation
– Démotivation
– Sentiment d’être abandonnés/rejetés,
– Colère en réaction (escalade de l’incompréhension, qui mène au conflit)
– Culpabilité en réaction (« je ne sais pas l’aider… »)

Passer de la culpabilité à la responsabilité :
Si l’on coupe le mot «responsabilité», cela donne respons-abilité : « habilité à répondre adéquatement à une situation donnée ». Il s’agit de prendre la responsabilité pleine et entière de ses actions et réactions et laisser à l’autre cette même responsabilité.

Comment faire ?
1/ Mettre des mots sur ce que l’on vit et ressent, pour éviter que la culpabilité ne se transforme en honte (car la honte se nourrit du secret).

2/ Ecouter sa colère car elle nous aide à remettre les responsabilités à la bonne place :
De quoi suis-je suis réellement responsable ?
– Clarifier l’idéal/ les idéaux que l’on a de soi (je devrais.., il faudrait que je…) en tant qu’homme/femme, en tant que conjoint, en tant que professionnel (selon les cas) : « un bon père, c’est … » « Un bon patron, c’est… », etc.
– Clarifier les idéaux que l’on a pour les autres (ma vision d’un « bon collaborateur », d’un « bon conjoint », d’un « bon fils »…)
– Vérifier intérieurement qu’en fait, personne d’autre que notre tyran intérieur ne nous demande d’atteindre cet idéal.
– Redéfinir son périmètre de responsabilité, en le faisant reposer sur des bases plus réalistes (baisser le niveau d’exigence), en renonçant à la toute-puissance (celle du sauveur/superman).

Quelles sont/quelles pourraient être les responsabilités des autres ?
Il est très utile de demander aux autres quelles sont leurs attentes. Très souvent, nous les avons prises en charge à leur place, en fonction de notre idéal et modèle de perfection, sans valider au préalable leurs besoins réels, leurs envies, et leurs propres capacités à prendre leur part.

Pour conclure
Nous pensons trop souvent pouvoir diriger nos vies à la seule puissance de notre « petit moi ». C’est la porte ouverte à la toute-puissance, à l’inflation de l’égo, et le chemin assuré, tôt ou tard, vers un vécu intérieur négatif, qui se manifestera dans nos vies par mille tensions, dont la culpabilité.
Dans une démarche plus spirituelle, on peut s’inspirer de cette phrase : “Prie comme si tout dépendait de Dieu, agis comme si tout dépendait de toi…” *

Belle invitation au lâcher prise, à l’abandon à la confiance en la Vie ! Avec au cœur la conviction que, si nous acceptions de renoncer à l’illusion de la maîtrise, nous serons guidés avec douceur vers notre réalisation.

* Cette phrase est issue de la maxime profonde et à première vue paradoxale de Maxime de Hevenesi, Jésuite hongrois :
« Telle est la première règle de ceux qui agissent :
Crois en Dieu
comme si tout le cours des choses dépendait de toi, en rien de Dieu.
Cependant mets tout en œuvre en elles,
comme si rien ne devait être fait par toi, et tout de Dieu seul. »
“Scintillae Ignatianae” (1705)

Je suis Tintin au pays des fous furieux

Appareil photo

Je suis Tintin au pays des fous furieux.

Je cherche à comprendre le monde pour mieux le supporter.

Objectif révélateur du Beau, je rends clair l’obscur.

Je suis celui que le certain rend fou et l’incertain plus encore.

Attentif à l’élégance du verbe, je pèse les mots car ils sont lourds de sens.

Éveilleur d’esprit critique, défenseur de la liberté de penser, je suis Suisse entré en résistance, évitement des imbéciles en excès de certitudes.

Je suis Roger, je fédère.

Je suis qui je suis et je vous emmerde.

 

Texte d’un homme, leader RH

Épuisement professionnel : un oubli de soi-même

Sol brûlé par la sécheresse

L’épuisement professionnel (ou burnout) touche 3 millions de Français. C’est la première cause d’absentéisme, pour des durées d’absence allant de 1 à 3 ans, particulièrement destructrices pour la personne, ses proches, et coûteuses pour l’entreprise.

L’expérience me montre qu’au-delà d’un contexte professionnel particulièrement sous tension, l’épuisement professionnel trouve ses racines dans les représentations, croyances et réflexes comportementaux de la personne, le plus souvent hérités de son histoire personnelle.

Mais tout le monde n’est pas affecté au même niveau par un environnement délétère. Certains trouveront par eux-mêmes des ressources, des espaces pour évacuer la pression, là où d’autres s’enfermeront dans une spirale, dans le déni des signaux d’alertes envoyés par leur corps ou leurs proches, vaguement conscients que quelques cloche, mais totalement incapables de s’en extraire.

A destination de chacun – manager, collaborateur, conjoint, parent -, voici quelques repères pour identifier les signaux, mieux comprendre et prendre les devants, avant que le ressort ne lâche.

Les candidats à l’épuisement professionnel

Il s’agit de personnes totalement investies dans leurs activités, voire identifiées à leur rôle professionnel. Elles font partie de ces collaborateurs « modèles », premiers arrivés, derniers partis, travaillant le week-end, engagés dans le projet de l’entreprise ou leur mission comme s’il s’agissait d’eux-mêmes. Craignant de déplaire ou d’être jugés, ils ne savent pas poser de limites. Incapables de lâcher les dossiers entrant dans leur champ de compétences, peu prompts à déléguer, et aux prises avec des engagements irréalistes, ils travaillent sans relâche, persuadés que s’ils n’agissent pas, eux, rien ne se fera. Le déséquilibre entre l’effort fourni et la reconnaissance perçue entame l’estime de soi.

Perfectionnistes, portés par des valeurs de fidélité à l’entreprise, de courage, d’exemplarité, ces personnes sont d’une grande exigence avec elles-mêmes et avec les autres, sur lesquels elles portent un jugement assez dur. Elles en arrivent à être persuadées d’être les seules à travailler correctement et suffisamment. Ce qui les isole progressivement de leurs collègues. De fait, ces derniers sont assez tentés de rejeter leur pair, manager ou collaborateur, devenu indisponible, acariâtre, irritable pour un rien.

Les repères familiaux transmis leur ont appris que prendre soin de soi relève de la faiblesse : on ne s’écoute pas, on tient bon, on fait face à ses responsabilités. Ayant perdu (ou jamais acquis) la capacité de ressentir et partager leurs vécus émotionnels, elles sont coupées de leurs signaux d’alertes naturels et laissent un stress chronique s’installer dans le quotidien.

Le ressort finit par casser.

Les symptômes de l’épuisement professionnel

Le corps, qui ne ment pas (contrairement au mental qui ne cesse de trouver des justifications plausibles), cherche à alerter. Cela se traduit par une fatigue persistante, y compris au réveil, un sommeil perturbé, des tensions ou douleurs physiques diffuses (dos, articulations), mais sans lien évident, pour la personne, avec sa posture au travail. Une prise ou une perte de poids. Des problèmes cutanés et des infections saisonnières plus fréquentes.

Il peut y avoir un manque d’entrain, de suite dans les idées, ou d’intérêt pour la vie en général « je n’ai plus de goût » ou même pour les activités personnelles. Une alternance entre l’agitation (tout vouloir faire) ou le ralentissement (ne rien vouloir faire, envie de s’isoler et de rester sous la couette). Une irritabilité marquée. Un sentiment d’incompétence, de l’anxiété, de l’indécision.

La prévention de l’épuisement professionnel

Le burnout témoigne d’un lien à soi rompu, d’un oubli de soi-même. Si vous repérez en vous quelques-uns de ses signaux caractéristiques, l’heure est venue de revisiter vos priorités, d’éclairer vos croyances, de conscientiser les modèles familiaux répétés, pour vous mettre au centre de votre projet de vie.

Reconnaître les signes avant-coureurs permet de réagir à temps, en intervenant sur trois grands axes :

1. Restaurer le lien au corps

Poser les bases d’une hygiène de vie nouvelle, pour restaurer le lien au corps en faisant de la place aux techniques de relaxation, à la méditation, aux soins de réalignement énergétique.
C’est l’occasion de revoir son alimentation : intégrer davantage de fruits et légumes crus (vivants !) et cuits, éviter le sucre et les excitants (café, thé…), boire régulièrement de l’eau dans la journée, prendre des compléments alimentaires (sels minéraux, vitamines, magnésium), privilégier l’alimentation naturelle pour échapper aux additifs alimentaires (E620 à E 625-glutamate…). L’objectif est d’éliminer progressivement l’acidité engendrée par le stress et qui encrasse l’organisme.

Les massages sont très bienvenus, de même que toutes les activités de plein air, les sports doux (qi gong, yoga, tai chi, etc.), et la stimulation musculaire intense.

2. Recréer le lien à l’autre

Le lien à l’autre est indispensable pour rompre l’isolement et dépasser la tendance au repli sur soi. Amis, collègues, famille sont parfois présents sans pour autant qu’une relation authentique soit installée.
La première étape consiste à retisser des liens, à oser dire et se dire, à goûter au soulagement d’un soutien, d’une aide, d’une écoute.
La seconde étape verra l’approfondissement des relations et invitera à l’engagement nécessaire au tricotage de liens de confiance. Restaurer ses facultés de proprioception (capacité à capter les ressentis physiques et émotionnels), les prendre en compte dans la relation, reconnaître et poser ses limites (délégation, gestion des priorités).
Les démarches collaboratives en entreprise, qui mettent la transversalité et le travail en équipe au centre, sont des occasions intéressantes, quand elles sont accompagnées, de grandir en maturité relationnelle.

3. Devenir l’artisan de sa croissance intérieure

Sentir en soi l’un ou l’autre des signes caractéristiques de la spirale d’épuisement constitue un appel à davantage de conscience et de présence à soi.
L’accompagnement de la croissance intérieure® invite à :

  • Clarifier les objectifs de vie personnels et professionnels, contacter ses rêves, découvrir ses moteurs intérieurs de motivation, pour réajuster son projet de vie.
  • Augmenter son niveau de conscience sur l’héritage familial en en éclairant les modèles, injonctions et les ombres, pour mieux s’en détacher.
  • Restaurer en soi l’alliance entre l’exigence (Principe Masculin) et la bienveillance (Principe Féminin) pour prendre sa place de façon ajustée dans les relations.
  • Élargir, enfin, sa personnalité en l’enrichissant de nuances, d’attitudes et d’habitudes nouvelles, plus respectueuses de son être profond, des autres, et du Vivant.